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L’accent sur l’aménagement écosystémique et le parachèvement du réseau des aires protégées

Québec, le 14 décembre 2004 – La Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise, qui déposait son rapport aujourd’hui, recommande l’adoption d’une gestion centrée sur l’aménagement écosystémique des forêts du Québec. La Commission invite également le Gouvernement à procéder le plus rapidement possible à l’identification d’aires protégées, de façon à ce que la cible de 8 % de la superficie du Québec sous protection soit atteinte d’ici à la fin de 2006.

« La gestion actuelle des forêts publiques est fortement axée sur la production de matière ligneuse, tout en assurant, il faut le reconnaître, une certaine protection des autres ressources », a souligné un des commissaires, monsieur André Bouchard. « À la lumière de nos consultations et de nos analyses, nous sommes convaincus que le Québec doit s’engager résolument vers l’aménagement écosystémique. Cette façon de gérer les forêts nous apparaît nettement plus porteuse, non seulement pour protéger l’environnement et mieux équilibrer les priorités d’aménagement sur le territoire, mais aussi pour assurer la viabilité à long terme des entreprises de transformation de la matière ligneuse. »

Globalement, l’aménagement écosystémique vise le maintien des processus écologiques nécessaires pour conserver la composition, la structure et les fonctions des écosystèmes. Cette approche implique donc la protection de la biodiversité et une meilleure prise en compte de l’ensemble des valeurs associées au milieu forestier, qu’elles soient environnementales, économiques ou sociales. En ce sens, sur un territoire forestier immense et diversifié comme celui du Québec, l’approche écosystémique est une des assises permettant d’atteindre un développement durable.

« Le défi que lance la Commission est de faire passer le Québec d’une gestion forestière plutôt sectorielle à une gestion plus complexe qui repose sur les écosystèmes. Il faudra donc que le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs accepte d’introduire plus de flexibilité pour que les décisions d’aménagement soient mieux adaptées à la diversité des conditions sociales, économiques et environnementales locales. Ceci exigera une participation active et responsable des professionnels de la forêt, » a fait valoir le vice-président de la Commission, monsieur Jean Huot. »

En ce qui a trait aux aires protégées, la Commission constate que le Québec accuse un retard comparativement aux autres provinces canadiennes et par rapport à sa propre cible. Elle recommande donc fortement au Gouvernement de maintenir son objectif de protéger un minimum de 8 % du territoire dans chacune des provinces naturelles du Québec, fixant l’échéancier à la fin de 2006. La Commission en vient par ailleurs à la conclusion que pour les provinces naturelles en zone boréale, cette proportion de superficie sous protection devrait s’élever à 12 % et elle recommande que cet objectif soit atteint d’ici 2010.

« Ce réseau d’aires protégées devrait être mis en place dans une double perspective : la protection et le contact avec la nature, » a indiqué le commissaire André Bouchard. « S’il est important d’interdire les activités industrielles sur ces territoires, pour conserver des écosystèmes représentatifs de la biodiversité dans chaque province naturelle, il est aussi important que les gens puissent profiter d’une partie importante de ces territoires pour se récréer et être proche de la nature. La croissance actuelle de l’industrie de l’écotourisme témoigne de ce besoin. La forêt publique québécoise, d’une superficie analogue à celle de l’Italie, représente un patrimoine inestimable pour ses paysages et les espèces qu’elle abrite, distingue le Québec à l’échelle internationale et crée l’obligation de la
protéger. »

La Commission recommande par ailleurs un rôle accru du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) afin d’élargir les consultations et maintenir la confiance du public en ce qui a trait au volet environnemental de la gestion des forêts publiques. À cet effet, le Règlement sur l’aménagement durable des forêts, que la Commission propose en remplacement de l’actuel Règlement sur les normes d’intervention dans les forêts du domaine de l’État, serait soumis, à tous les cinq ans, à une audience générique du BAPE. Il est aussi proposé que les plans de développement forestier qui seraient élaborés dans chaque région fassent progressivement l’objet d’audiences du BAPE.

Les recommandations concernant les changements à apporter en matière de conservation, de protection et de gestion intégrée des ressources forestières sont principalement inscrites aux chapitres 4 et 7 du rapport de la Commission.

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Source :

Gino Desrosiers
Conseiller en communication
(418) 644-1350
gino.desrosiers@commission-foret.qc.ca

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