L’inévitable consolidation de l’industrie
de la transformation de la matière ligneuse
Québec, le 14 décembre
2004 – Le faible taux d’utilisation de
la capacité industrielle de transformation du bois,
les baisses appréhendées de la possibilité
ligneuse et des attributions qui en découlent, la précarité
du secteur du papier journal et l’intensification de
la concurrence internationale pour les produits de bois d’œuvre
standards laissent présager que le mouvement de consolidation
de l’industrie québécoise prendra de l’ampleur
dans les prochaines années. C’est d’ailleurs
un courant observé dans d’autres parties du Canada
et ailleurs dans le monde.
Il s’agit d’un des principaux
constats de la Commission d’étude sur la gestion
de la forêt publique québécoise qui vient
de déposer son rapport aujourd’hui.
« Les entreprises québécoises
de transformation de la matière ligneuse ont nettement
besoin de plus de flexibilité pour s’ajuster
à des conditions économiques changeantes »,
a souligné un des commissaires, monsieur Jean-Thomas
Bernard. « L’avantage de la proximité du
marché américain va perdurer mais il faut absolument
que le Gouvernement facilite la progression vers une rationalisation
de l’industrie de la première transformation.
»
À ce chapitre, la Commission invite
notamment le Gouvernement à examiner sérieusement
la possibilité d’éliminer le lien obligatoire
entre les volumes de bois attribués pour la récolte
sur forêts publiques et une usine en particulier. Cette
mesure apparaît fondamentale pour permettre aux usines
performantes de consolider leur compétitivité.
La Commission souligne cependant qu’il
sera tout aussi important de fixer des balises permettant
de prévoir l’ampleur d’une telle rationalisation
et ses implications pour les régions ressources. À
cet effet, le Gouvernement a un rôle-clé d’accompagnement
des collectivités qui doivent se tourner vers d’autres
secteurs de développement.
Dans une telle perspective, la Commission
recommande la mise sur pied d’un groupe de travail interministériel
qui serait sous la responsabilité du comité
de mise en œuvre et qui serait dédié à
deux tâches principales. La première visera l’instauration
d’un processus décisionnel, expéditif
et efficace, et de conditions qui faciliteront la rationalisation
des opérations et la consolidation de volumes de matière
ligneuse dans certaines usines. La seconde portera sur la
mise en place, de concert avec les instances régionales,
d’une stratégie visant la minimisation des impacts
sur l’emploi et sur les communautés locales,
y compris leur niveau de services et de fiscalité.
« Il faut voir cette consolidation
comme une opportunité de regarder de l’avant
et de mettre en valeur des facettes du milieu forestier qui,
jusqu’à présent, n’ont pas été
pleinement explorées. Il faut donc que tous les acteurs
régionaux mettent l’épaule à la
roue, » a souligné le commissaire Jules Arsenault.
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