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Consultations régionales (avril-juin 2004)

 

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Vers une gestion intégrée, encadrée, décentralisée et transparente

Québec, le 14 décembre 2004 – La Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise propose de nouvelles façons de faire pour mieux intégrer les usages multiples du milieu forestier, pour rapprocher les centres de décision des milieux régionaux et locaux, et pour accroître la transparence.

C’est ce qui ressort du rapport de la Commission, présidée par monsieur Guy Coulombe, qui a été rendu public aujourd’hui.

Lors des consultations publiques, plusieurs intervenants ont réclamé une décentralisation des processus de gestion du territoire et de planification de l’aménagement, ainsi qu’un pouvoir accru pour les gestionnaires régionaux du ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs. Tout particulièrement, et avec insistance, les Conférences régionales des élus (CRÉ) ont exprimé leur désir d’obtenir une réelle régionalisation de la gestion forestière et son adaptation aux réalités spécifiques à chacun des milieux.

« La population a réclamé des changements en profondeur », souligne un des commissaires, monsieur Jules Arsenault. « Le rythme doit évidemment tenir compte de la capacité des acteurs et des institutions à opérer ces changements. Je suis convaincu qu’on peut faire confiance aux Québécois pour passer d'une foresterie normative centralisée à une foresterie décentralisée qui s’appuie sur la gestion intégrée des ressources et qui est mieux adaptée aux particularités socio-économiques locales et régionales. »

Dans son rapport, la Commission insiste sur le fait que l’accès à une information pertinente et de qualité ainsi que les capacités de faire valoir les multiples points de vus, sont des éléments critiques pour une participation réelle des acteurs locaux et régionaux. Elle souligne également que la situation particulière des communautés autochtones doit conduire à des mesures spéciales, notamment sur les aspects de communication, de participation et de concertation régionale lors de la planification et de la réalisation des activités d’aménagement forestier.

Tout ceci ne sera possible que dans la mesure où les processus seront crédibles et transparents, un des objectifs étant de rétablir la confiance du public envers le secteur forestier. Dans cette optique, la Commission formule plusieurs recommandations en matière de structure organisationnelle.

La Commission propose notamment l’institution, par une nouvelle loi, de la fonction de « Forestier en chef » qui aurait entre autres le mandat de fournir à la population, au Ministre responsable des forêts et aux organismes exerçant une responsabilité à l’égard du milieu forestier, l’information pertinente à la prise de décisions éclairées sur l’utilisation des forêts dans une perspective d’aménagement durable. Il aurait ainsi plusieurs responsabilités d’encadrement, notamment en ce qui a trait à l’élaboration des plans régionaux de développement forestier ainsi qu’aux méthodes devant être utilisées par les directions régionales du Ministère pour déterminer la possibilité ligneuse dans chaque unité d’aménagement forestier. Il aurait aussi le pouvoir le fixer le niveau maximal de récolte de bois dans chaque unité territoriale, dans une perspective de gestion multiressource, avec l’obligation de justifier publiquement son évaluation.

Dans un contexte où il faut établir un meilleur partage des pouvoirs et des responsabilités entre l’État et les milieux locaux et régionaux, en matière de gestion forestière, la Commission recommande que les conférences régionales des élus (CRÉ) soient désignées comme étant les interlocuteurs politiques régionaux responsables de la mise en place des « commissions forestières régionales », de l’approbation des « plans régionaux de développement forestier » et de l’approbation des projets de sylviculture intensive et des projets de forêt habitée.

La Commission voit donc que les CRÉ devraient jouer un rôle d’arrimage important assorti de pouvoirs réels en matière de gestion des ressources forestières, tant au sein de la région qu’avec le ministère responsable des forêts. Pour s’acquitter de ces nouvelles responsabilités, les CRÉ devraient disposer de ressources financières et humaines. À cet effet, il est proposé que le personnel professionnel et technique des directions régionales du Ministère et des différentes MRC soit mis à contribution. La Commission recommande également qu’une enveloppe annuelle de 2,5 millions $ à l’échelle du Québec, imputée à même le réaménagement de l’enveloppe globale du Ministère, soit mise à la disposition des CRÉ. Ces montants devraient servir à doter les acteurs du milieu de services d’analyse et d’expertise pour documenter les problématiques et favoriser ainsi la discussion, l’harmonisation des usages et la concertation entre les intervenants.

En ce qui a trait aux commissions forestières régionales, leur mission centrale serait de préparer des plans régionaux de développement forestier, renouvelés à tous les cinq ans, et de fournir un appui à la CRÉ pour encadrer le processus de définition et de fonctionnement des « organismes de planification locale » à l’échelle de chaque unité d’aménagement forestier. Ces derniers auraient la responsabilité de produire les « plans d’aménagement forestier intégré », de coordonner la réalisation des travaux d’aménagement, par des entreprises accréditées, et de voir à la certification des pratiques sur le territoire.

Un des virages proposés par la Commission est donc à l’effet que chaque unité d’aménagement sur forêts publiques au Québec aurait une seule entité de planification qui devra tenir compte de l’ensemble des ressources du territoire, dans une perspective de concertation et d’aménagement intégré. Cet organisme pourra prendre diverses formes, selon la volonté des acteurs locaux et régionaux. Une telle approche facilitera les initiatives de certification et, à cet égard, la Commission recommande que toutes les unités d’aménagement en forêts publiques au Québec soient engagées dans une démarche de certification des pratiques forestières d’ici à la fin de 2007.

En matière de contrôle et de suivi des activités d’aménagement, la Commission fait par ailleurs une série de recommandations qui s’inscrivent dans une progression vers une gestion par objectifs. À titre d’exemple, le Ministère est appelé à définir clairement le cadre d’évaluation du régime forestier et à identifier des indicateurs devant servir de base aux suivis et aux contrôles qu’il doit assurer en tant que propriétaire-gestionnaire des forêts publiques.

La Commission traite également de certains dossiers plus pointus, notamment au chapitre du mesurage des bois. Sur ce point, l’examen sommaire n’a pas permis de déceler de vice majeur. Le doute exprimé par divers groupes quant à la fiabilité et à l’impartialité du système actuel de mesurage est cependant bien réel et il est dans l’intérêt de tous que ce doute soit dissipé. Bien que la Commission en soit venue à la conclusion qu’il n’est pas nécessaire, à ce moment-ci du moins, de soustraire la responsabilité des activités de mesurage des bois aux détenteurs de permis d’usine, elle fait néanmoins quelques recommandations pour améliorer la transparence. Entre autres, il est recommandé que dorénavant, tous les bois marchands et non-marchands récoltés sur forêts publiques soient mesurés, incluant ceux de 9 cm de diamètre et moins, et que les droits de coupe associés à ces petites tiges soient directement perçus par le Gouvernement.

Parmi les quelque 80 recommandations déposées par la Commission, on retrouve aussi l’établissement d’une fonction de Vérificateur des forêts, rattaché au bureau du Vérificateur général du Québec. La Commission souligne toutefois que cette proposition doit être analysée en considérant le dépôt, en novembre 2004, d’un avant-projet de loi qui mènerait à la nomination d’un commissaire au développement durable.

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Source :

Gino Desrosiers
Conseiller en communication
(418) 644-1350
gino.desrosiers@commission-foret.qc.ca

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