La Côte-Nord préoccupée par la pénurie
de main d’œuvre dans le domaine forestier
Québec, le 17 juin 2004 –
Une cinquantaine de personnes ont participé cette semaine
aux audiences publiques de la Commission d’étude
sur la gestion de la forêt publique québécoise
qui ont eu lieu à Baie-Comeau.
La Commission a entendu une dizaine d’organismes
de la région de la Côte-Nord, dont des représentants
de la Conférence régionale des élus,
des coopératives forestières, de l’industrie
des produits du bois, des entreprises d’aménagement
forestier, de producteurs de bleuets, de chasseurs et de pêcheurs.
La rencontre s’est terminée par un forum de discussion
réunissant une quinzaine d’intervenants de la
région.
Un des principaux thèmes de ces consultations
publiques a été la pénurie de main d’œuvre
dans la région, tant pour les travaux d’aménagement
que dans les usines. Devant la difficulté d’attirer
les jeunes vers les métiers sylvicoles et de garder
cette expertise dans la région, plusieurs participants
ont entre autres proposé l’augmentation des capacités
de formation offertes sur la Côte-Nord. L’idée
d’organiser un vaste chantier de réflexion sur
la problématique régionale de la main d’œuvre
dans le domaine forestier a également été
lancée.
D’autres intervenants ont souligné
l’importance de consolider les approvisionnements des
usines actuelles de première transformation du bois,
à défaut de quoi il deviendrait difficile de
développer la filière de deuxième et
troisième transformation sur la Côte-Nord. Concernant
les approvisionnements en matière ligneuse, certains
se sont montrés inquiets des impacts qu’auront
l’implantation d’aires protégées
ou la baisse des volumes de récolte résultant
de mesures d’harmonisation avec d’autres utilisateurs
de la forêt publique. Plusieurs présentations
ont également porté sur les coûts additionnels
que les entreprises de la Côte-Nord doivent assumer
pour leurs opérations, notamment lors de la récolte
du bois ou le transport des produits.
À l’instar de plusieurs autres
régions, la Commission a aussi reçu diverses
propositions qui portent sur la décentralisation des
pouvoirs décisionnels en matière de gestion
forestière. Le forum de discussion a également
permis aux participants d’échanger sur le rôle
de la certification forestière comme outil de gestion
pour les entreprises et le gouvernement.
Les membres de la Commission ont par ailleurs
profité de leur passage sur la Côte-Nord pour
visiter la communauté innue de Betsiamites et échanger
avec les représentants du Conseil tribal Mamuitun et
d’autres communautés innues de la Haute et Basse
Côte-Nord. Ces derniers ont fait valoir leurs attentes
en matière de gestion forestière sur leur territoire
d’occupation, le Nitassinan.
On se rappellera que la Commission, présidée
par monsieur Guy Coulombe, a été mise sur pied
par le gouvernement du Québec en octobre 2003 pour
faire le point sur la gestion des forêts publiques et
proposer des améliorations au régime forestier
actuel. À ce jour, la Commission a légèrement
dépassé le cap des 200 mémoires reçus
et plus de 1000 personnes ont assisté aux audiences.
On estime qu’entre 100 et 150 personnes suivent également
les échanges par le biais d’Internet, au www.commission-foret.qc.ca.
La tournée de consultations publiques
de la Commission se terminera cette semaine à Chibougamau.
Une deuxième ronde de consultations aura lieu à
la fin de l’été, à Québec
et à Montréal, pour les organismes d’envergure
provinciale ou multirégionale. À la fin août,
la Commission tiendra également, en collaboration avec
l’Assemblée des Premières Nations du Québec
et du Labrador, une consultation particulière pour
les communautés autochtones. Le rapport final est attendu
pour le début de décembre.
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